Les circuits, un modèle économique à reconstruire

Les circuits, un modèle économique à reconstruire

L'avenir de Renault en formule 1 en jeu aujourd'hui à la FIA // Bernie Ecclestone, le patron du holding Formula One Group, est tiraillé entre un actionnaire endetté et les revendications des écuries - pour celles qui restent en course. Sa martingale financière ne gagne plus à tous les coups.

Si Renault n'est pas exclu aujourd'hui par le conseil mondial de la FIA, il le devra paradoxalement à ses rivaux Honda et BMW. Le constructeur japonais s'est retiré en début de saison pour des raisons économiques. Son homologue allemand a annoncé son retrait à la fin de la saison en cours, pour se concentrer sur « le développement durable et la protection de l'environnement ". Autant dire qu'une sortie de la marque au losange pour entorse à l'éthique sportive, ou son départ volontaire, fragiliserait l'économie de la compétition.

Certes, Max Mosley, le président de la FIA, a lancé un vaste plan de réduction des coûts. Dans un premier temps, il a voulu imposer un plateau à deux vitesses avec, d'un côté, les écuries traditionnelles et, de l'autre, des petites écuries, dont le budget aurait été plafonné à 45 millions d'euros en échange d'une plus grande liberté technique leur permettant de rivaliser en performance avec les grands constructeurs.

Devant l'opposition farouche de l'association des écuries (Fota), et particulièrement de Ferrari, un accord a été trouvé fin juin, fixant comme objectif un retour dans les deux ans au niveau des budgets des années 1990.

Si, au final, 14 écuries se sont inscrites pour la saison 2010, dont plusieurs petites structures comme Lotus, la F1 n'a pas pour autant assuré son avenir. Les discussions restent en cours pour finaliser les accords « Concorde » répartissant les revenus du circuit. Selon le cabinet Altermind, qui a réalisé une étude pour le compte de Lagardère Sports en avril dernier, sur les 718 millions d'euros de recettes encaissées en 2008 par Formula One Group, le holding dirigé par Bernie Ecclestone auquel la FIA a concédé la gestion de la F1, seuls 36 % reviennent aux constructeurs, qui au cours de la même période ont eux-mêmes injecté 1,1 milliard dans la compétition.

Autant dire que les grandes marques aimeraient faire bouger le curseur en leur faveur. « Les constructeurs voudraient passer à 65 % ou 70 %, estimant que ce sont leurs lourds investissements qui créent la valeur du spectacle », estime un grand spécialiste français de la F1.

Pression 
Mais Bernie Ecclestone, par ailleurs grand ami de Flavio Briatore, est aussi sous la pression de CVC Capital Partners. Via le holding Delta Topco, le fonds d'investissement britannique a repris les droits commerciaux de la F1 aux créanciers du groupe Kirsch, auquel Ecclestone les avait cédés (en conservant le contrôle et une participation). Il doit aujourd'hui servir une dette estimée à 2,7 milliards de dollars. Selon le « Financial Times ", la seule échéance de 2007 s'élevait à 257 millions de dollars.

Le grand argentier du circuit doit enfin faire face à la fronde des organisateurs de Grand Prix. Les privés ont jeté l'éponge devant l'impossibilité de rentabiliser leur investissement avec la billetterie. Les collectivités, même dans les pays émergents, commencent à rechigner à investir à perte, comme en France. Autant de questions auxquelles devra répondre le nouveau président de la FIA qui sera élu le 23 octobre prochain. Le Français Jean Todt est en lice.

 

 

Article publié dans Les Echos, le 21 septembre 2009

Photo : chuttersnap

 

 

 

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